G7, exportations de brut : pourquoi les prix à la pompe ne chutent pas

Par la rédaction Prix à la Pompe, publié le 5 octobre 2026

Le G7 a libéré 325 millions de barils depuis mars, et les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient reprennent. Pourtant, 12 % des stations françaises manquent encore de carburant.

G7, exportations de brut : pourquoi les prix à la pompe ne chutent pas
Photo : Chabe01 (CC BY-SA 4.0)

Une arme puissante mais limitée

Depuis mars 2026, le G7 a libéré 325 millions de barils de réserves stratégiques, soit plus de 80 % de l'engagement initial pris lors de la crise de mars. Un plan de 100 millions supplémentaires est désormais sur la table. Les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient retrouvent leurs niveaux d'avant-guerre. Alors pourquoi le gazole avoisine-t-il encore 2,37 euros le litre à la pompe ?

La réponse est technique. Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste de l'énergie et président du think tank The Shift Project, l'a rappelé dans une interview relayée par L'Automobile Magazine : ces 100 millions de barils représentent à peine trois à quatre jours de consommation des pays du G7. Surtout, le G7 libère du pétrole brut, pas du gazole ni du SP95. Ces carburants sont des produits raffinés : ils ne sortent pas du puits, ils sortent des raffineries, après plusieurs étapes industrielles coûteuses.

« Les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont nettement repris, tandis que les flux de produits raffinés restent beaucoup plus contraints. » L'Automobile Magazine, 5 octobre 2026.

Le vrai goulot : les produits raffinés

Même quand le brut est moins cher à l'achat, la production de gazole et d'essence reste contrainte par les capacités de raffinage disponibles. L'Europe reste dépendante des importations de produits raffinés en provenance du Moyen-Orient, dont les flux demeurent bien inférieurs à leur niveau d'avant-crise, selon L'Automobile Magazine. La hausse des exportations de brut ne compense donc pas directement la pénurie de carburants finis à la pompe.

Les réserves stratégiques ont par ailleurs une vocation première : assurer la sécurité d'approvisionnement, pas garantir une stabilité permanente des prix. Chaque baril puisé réduit le matelas disponible si la crise se prolonge ou s'aggrave. Le G7 a d'ailleurs demandé à l'AIE de remettre sous vingt jours un rapport sur l'efficacité réelle de ces libérations de stocks.

Ce que montrent nos relevés

D'après nos données en temps réel au 5 octobre, le gazole affiche une moyenne de 2,376 euros le litre en France. Le SP95 s'établit à 2,22 euros et l'E10 à 2,169 euros. Ces niveaux se maintiennent depuis plusieurs semaines sans repli significatif, malgré la reprise des exportations de brut.

La tension ne se lit pas que dans les prix. Selon Actu.fr, 12 % des stations-service françaises signalent une difficulté d'approvisionnement sur au moins un carburant au 4 octobre, contre 9 % deux jours plus tôt seulement. En Grand Est, ce taux monte à 20 % des stations. Pour trouver les pompes achalandées près de chez vous, consultez notre comparateur de stations autour de moi ou le suivi du prix du gazole en France.

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De la reprise des exportations à la pompe : quatre étapes qui expliquent le blocage des prix à la pompe en France (octobre 2026).

L'E85, soupape de secours à 0,90 euro

Face à ces tensions, le biocarburant E85 attire un nombre croissant d'automobilistes. Son prix moyen national tourne autour de 0,904 euro le litre, soit moins du tiers du gazole. Les spécialistes de la conversion E85 sont pris d'assaut.

« On se fait harceler. » Un commercial du spécialiste de la conversion E85 Shiftech, cité par Actu.fr.

Selon des témoignages collectés par Actu.fr, certains centres de conversion E85 reçoivent entre 100 et 200 appels téléphoniques par jour depuis trois semaines. Près de 400 000 véhicules circulent déjà sur les routes françaises avec un boîtier de conversion homologué ou un moteur d'origine compatible, sur un parc de 15 millions de voitures éligibles.

La baisse à la pompe viendra quand les stocks de produits raffinés en Europe se reconstitueront. Pas avant plusieurs semaines, et sous condition que les capacités de raffinage augmentent ou que de nouvelles cargaisons de diesel arrivent des États-Unis ou du golfe Persique.

Vérifiez les prix près de chez vous

Les moyennes nationales cachent de gros écarts locaux. Géolocalisez-vous pour voir les stations les moins chères autour de chez vous, mises à jour en continu.

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