Les pêcheurs français coincés par la hausse du gazole

Par la rédaction Prix à la Pompe, publié le 12 octobre 2026

Le gazole pêche a doublé depuis le début de l'année. Coincés entre quotas et prix fixés à la criée, les armateurs n'ont aucun levier pour amortir le choc.

Les pêcheurs français coincés par la hausse du gazole
Photo : Jpbazard Jean-Pierre Bazard (CC BY-SA)

1 400 litres par jour : la facture des chalutiers s'emballe

Pour cinq chalutiers polyvalents de 20 à 24 mètres consommant 1 400 litres de gazole par jour en moyenne, le chiffre parle de lui-même. Jérôme Nicol, directeur opérationnel de l'Armement de la pêche artisanale de Keroman (Apak) à Lorient, résume la situation sans détour : « On est complètement coincés ». Le prix du poisson se négocie à la criée, les quotas plafonnent les volumes. Il n'existe aucun moyen de répercuter la hausse du carburant sur les prix de vente. « On est prisonnier, on n'a aucun levier », ajoute-t-il.

Depuis le début de l'année, le gazole pêche, exempté de taxes et teinté en bleu pour le distinguer du gazole routier, a vu son prix doubler. Il s'établissait à 1,21 euro par litre en moyenne début octobre 2026, selon l'observatoire Amarrée. L'impact sur les salaires des marins, rémunérés à la part selon les revenus de la pêche, se chiffre entre 200 et 600 euros de moins par mois, estime Jérôme Nicol.

25 à 30 % du chiffre d'affaires brûlé en carburant

La dépendance au gazole varie selon le type de pêcherie. Les navires les plus grands, qui pratiquent le chalutage hauturier et pêchent loin des côtes pendant plusieurs semaines, consomment jusqu'à 13 fois plus qu'un navire de pêche moyen, selon les données de l'Ifremer. Olivier Guyader, chercheur à cet institut, estime que le carburant représente désormais « 25 à 30 % du chiffre d'affaires qui part en fumée » pour ce type d'armement.

Thomas Le Gall, ligneur à Audierne (Finistère), pratique pourtant une pêche côtière bien moins gourmande en énergie. Il juge malgré tout la « situation assez angoissante » : avec des prix qui ont plus que doublé, même les petites unités subissent le choc. Face à cette crise, le gouvernement a débloqué plus de 30 millions d'euros d'aides pour le secteur.

Infographie : évolution du prix du gazole pêche en 2026, impact sur les armements et les marins
Le gazole pêche a doublé depuis janvier 2026 selon l'observatoire Amarrée, pesant 25 à 30 % du chiffre d'affaires des chalutiers hauturiers (données Ifremer).

Ce que montrent nos relevés

Le gazole professionnel bénéficie d'une détaxe inaccessible aux automobilistes. À la pompe, le gazole classique affichait une moyenne nationale de 2,354 euros par litre ce lundi 12 octobre 2026, d'après nos relevés sur 8 976 stations françaises. Sur sept jours, il a reculé de 2,8 centimes par litre, une légère détente qui ne compense pas la hausse cumulée sur l'année.

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Des alternatives encore lointaines pour les grands navires

Pour les petits navires côtiers travaillant à la journée, une transition vers la propulsion électrique semble envisageable. C'est l'avis de Jérôme Jourdain, secrétaire général adjoint de l'Union des armateurs à la pêche de France (UAPF). Des tests de propulsion hybride sont en cours, mais les gains restent limités pour les chalutiers hauturiers, dont les besoins énergétiques sur plusieurs semaines de mer dépassent les capacités des batteries actuelles.

Les armateurs attendent des réponses structurelles. Les aides gouvernementales ponctuelles amortissent le choc immédiat, mais ne résolvent pas la dépendance de fond au gazole. Tant que les énergies de substitution ne seront pas viables à grande échelle, la filière restera exposée aux fluctuations du marché pétrolier.

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Les moyennes nationales cachent de gros écarts locaux. Géolocalisez-vous pour voir les stations les moins chères autour de chez vous, mises à jour en continu.

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