Pourquoi le carburant coûte plus cher malgré un brut en accalmie
Par la rédaction Prix à la Pompe, publié le 14 juillet 2026
Le cours du pétrole brut s'était stabilisé, mais les marchés des produits raffinés restent sous tension. Ce paradoxe explique pourquoi les prix à la pompe continuent de grimper.
Le cours du pétrole brut avait reculé ces dernières semaines. Les automobilistes pouvaient espérer souffler à la pompe. Ce n'est pas ce que montrent les marchés. Les prix des carburants ont progressé toute la semaine en France, indépendamment des mouvements du Brent. Comprendre cet écart oblige à regarder au-delà du seul cours du brut.
Brut et raffinés : deux marchés qui ne bougent pas toujours ensemble
Le baril de Brent est l'indicateur pétrolier le plus relayé dans les médias. Il mesure le coût du pétrole brut tel qu'il sort du puits. Mais entre le puits et la station-service, une étape clé s'interpose : le raffinage. Les raffineries achètent du brut et le transforment en essence, gazole et fioul. La marge qu'elles dégagent sur cette opération, appelée marge de raffinage, traduit l'équilibre entre l'offre de produits finis et leur demande sur le marché européen.
Quand cette marge monte alors que le brut stagne, les marchés signalent une pénurie relative de produits raffinés par rapport à la demande. Cette situation préexistait à l'escalade géopolitique, ce que reflétaient déjà les marchés européens des carburants avant la reprise des hostilités.
La reprise du conflit au Moyen-Orient amplifie la hausse
Le 8 juillet, Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu avec l'Iran était « terminé ». De nouvelles frappes américaines ont suivi dans la nuit du 8 au 9 juillet contre des cibles militaires iraniennes. Le baril de Brent a repris 8 dollars pour s'établir autour de 78 dollars. Pour Nicolas Doze, éditorialiste économique de LCI, la hausse du carburant est désormais « automatique » dans ce contexte, d'après TF1 Info. Il redoute aussi un impact sur le pouvoir d'achat et sur l'inflation.
L'Union française des industries pétrolières (Ufip) chiffre la répercussion immédiate à environ 3 centimes par litre pour l'essence et 4 centimes pour le gazole, d'après Le Figaro. Les marchés restent pour l'instant « attentistes » : depuis le début du conflit, les investisseurs ont appris à réagir « sans excès ».
L'impact sur les prix à la pompe reste « très modéré » pour l'heure, mais « ne préjuge pas de ce qui pourrait se passer si la situation venait à se durcir ». Philippe Casbas, président de l'Ufip, cité par Le Figaro le 9 juillet 2026.
Le détroit d'Ormuz reste un point de vulnérabilité central. Près de 20 % du pétrole mondial y transite en temps normal selon Le Figaro. Toute interruption durable de trafic à cet endroit se répercuterait à la pompe avec un décalage habituel de sept à quatorze jours, le temps des cycles de raffinage et de livraison.
Ce que montrent nos relevés au 10 juillet
D'après nos données sur 9 683 stations-service en France, les prix progressent sur tous les carburants principaux :
- Gazole : 1,935 euro/L en moyenne, +4,3 centimes sur 7 jours
- E10 : 1,926 euro/L, +3,8 centimes sur sept jours
- SP95 : 1,965 euro/L, +2,6 centimes sur sept jours
- SP98 : 2,010 euro/L en moyenne nationale
- E85 : 0,840 euro/L, de loin le carburant le moins cher du réseau
Les prix les plus bas sur le gazole s'affichent encore sous 1,82 euro/L. Ces stations sont de 12 à 15 centimes sous la moyenne nationale, soit 7 à 9 euros d'économie sur un plein de 60 litres selon nos données :
| Ville | Code postal | Enseigne | Prix gazole (euro/L) |
|---|---|---|---|
| Saint-Symphorien | 33113 | - | 1,787 |
| Thuir | 66300 | Netto | 1,797 |
| Liancourt | 60140 | E.Leclerc | 1,799 |
| Caudry | 59540 | Intermarché | 1,802 |
| Mesanger | 44522 | - | 1,809 |
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Comment limiter la facture en période de tension
La pression sur les marchés raffinés devrait maintenir les prix au moins à leur niveau actuel pendant les prochains jours. En cas d'escalade au Moyen-Orient, une nouvelle vague haussière reste probable dans la semaine à venir. Quelques habitudes permettent de réduire la facture :
- Choisir les stations de grande distribution (hypermarchés, discounters), qui répercutent plus vite les variations de marché et affichent régulièrement 8 à 12 centimes de moins que la moyenne nationale d'après nos relevés.
- Passer à l'E10 plutôt qu'au SP95 si votre moteur le permet : l'écart est de 3,9 centimes par litre en faveur de l'E10 selon nos données au 10 juillet.
- Vérifier si votre véhicule est compatible avec l'E85 : à 0,840 euro/L en moyenne, il divise la facture par deux par rapport au SP98.
- Comparer les prix autour de vous avant chaque plein : en période de tension, les écarts entre stations voisines atteignent parfois 15 centimes par litre selon nos données.
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Les moyennes nationales cachent de gros écarts locaux. Géolocalisez-vous pour voir les stations les moins chères autour de chez vous, mises à jour en continu.
Sources
- Carburants : l'impact de la reprise du conflit au Moyen-Orient sur les prix à la pompe pour l'heure «très modéré» Le Figaro · 9 juillet 2026
- Prix du carburant, pouvoir d'achat, inflation : la reprise des hostilités au Moyen-Orient analysée par Nicolas Doze TF1 Info / LCI · 9 juillet 2026