Taxe au kilomètre sur les voitures électriques : inéluctable en France ?

Par la rédaction Prix à la Pompe, publié le 8 août 2026

Le Royaume-Uni taxe les voitures électriques à 3 pences par mile dès 2028. La France, où 29,6 % des voitures neuves vendues en juin 2026 étaient électriques, suit ce débat.

Taxe au kilomètre sur les voitures électriques : inéluctable en France ?
Photo : Chabe01 (CC BY-SA 4.0)

Pendant des années, conduire en électrique permettait d'échapper aux taxes sur les carburants. Cette parenthèse est en train de se refermer. Le Royaume-Uni a officialisé une taxe au kilomètre pour les voitures zéro émission à partir d'avril 2028. La France, où les immatriculations électriques progressent rapidement, suit ce débat avec une attention croissante.

Ce que le Royaume-Uni a décidé : 3 pences par mile dès 2028

La mesure est confirmée. À partir du 1er avril 2028, toute voiture 100 % électrique immatriculée au Royaume-Uni paiera 3 pences par mile parcouru, soit environ 2,2 centimes d'euro par kilomètre, selon Frandroid. Pour un conducteur roulant 12 200 kilomètres par an (moyenne nationale britannique), la facture annuelle s'élève à 268 euros. Les hybrides rechargeables bénéficient d'un tarif réduit de 1,5 pence par mile.

Le système ne repose pas sur la géolocalisation : les conducteurs déclarent leur relevé de compteur kilométrique au moment du renouvellement de la vignette ou du contrôle technique. Les voitures électriques de moins de trois ans restent exemptées de ce contrôle kilométrique supplémentaire. L'industrie automobile britannique a néanmoins vivement contesté la mesure, estimant qu'on « ne peut pas faciliter une transition en douceur vers les véhicules électriques en augmentant leur coût d'utilisation ».

Le mécanisme complet de cette taxe, baptisée eVED, est détaillé dans notre article sur la taxe kilométrique britannique.

Ce que cela coûterait à un conducteur français

Transposée en France au même tarif de 2,2 centimes par kilomètre, la taxe donnerait ces résultats selon le profil du conducteur :

Pour un ménage rural sans alternative à la voiture, la charge serait donc deux à quatre fois plus lourde que pour un habitant d'une grande ville. D'après vonews.net, 29,6 % des voitures neuves vendues en France en juin 2026 étaient électriques. Ce chiffre explique l'urgence budgétaire : plus le parc électrique grossit, plus les recettes de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques (TICPE) s'amenuisent.

Les arguments en faveur d'une telle taxe

Trois logiques soutiennent l'idée d'une taxe kilométrique sur les électriques. La première est budgétaire : la TICPE rapporte plusieurs dizaines de milliards d'euros par an à l'Etat français. Son érosion progressive, à mesure que le parc thermique recule, impose de trouver un substitut.

La deuxième est une question d'équité à l'usage : un automobiliste qui parcourt davantage de kilomètres use proportionnellement plus les routes et les infrastructures. Faire payer selon le kilométrage est, dans ce raisonnement, plus juste que de faire payer à la pompe.

La troisième logique est technique : une taxe kilométrique peut intégrer des paramètres comme le poids du véhicule ou la zone géographique, là où la fiscalité sur le carburant est uniforme et aveugle.

Les objections qui pèsent dans le débat

Les arguments contre sont tout aussi solides. Les acheteurs de voitures électriques ont souvent agi en réponse à des incitations publiques : bonus écologique, aides à l'achat, promesses d'avantages durables. Modifier les règles du jeu après coup peut freiner les achats futurs et éroder la confiance dans la stabilité fiscale.

L'inégalité territoriale est une objection centrale. Les conducteurs ruraux, sans accès aux transports en commun, subiraient une charge bien supérieure à celle des citadins. Pour eux, la voiture n'est pas un choix : c'est une nécessité.

Enfin, même si le Royaume-Uni s'engage à ne pas géolocaliser les trajets, la collecte systématique du kilométrage ouvre des questions sur la vie privée que beaucoup d'automobilistes prennent au sérieux.

Ce que montrent nos relevés

Ce débat sur la fiscalité des voitures électriques intervient alors que les carburants traditionnels sont en légère baisse à la pompe. D'après nos données sur près de 9 800 stations françaises au 8 août 2026 :

L'automobiliste français qui fait encore le plein d'essence ou de gazole contribue à la TICPE à chaque litre versé. Son homologue électrique n'en paie aucune. C'est cette asymétrie que certains gouvernements cherchent à corriger. Pour trouver le carburant le moins cher avant votre prochain plein, consultez notre comparateur de stations. Les prix du gazole sont actualisés plusieurs fois par jour.

Aucune décision officielle n'est encore prise en France sur ce sujet. Mais le Royaume-Uni fait figure de précédent. Si l'expérience ne freine pas massivement les ventes de voitures électriques, d'autres pays disposeront d'un modèle éprouvé. La question n'est peut-être pas de savoir si cette taxe arrivera un jour en France, mais dans quel délai.

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